C’est parce que l’inconnu est trop vaste que tout chercheur « cherche » quelque chose qu’il pense présent mais qui est caché aux regards. Il part de la découverte de ce qu’il a déjà entrevu ou imaginé. L’esprit du chercheur – le mien, le vôtre- est le résultat de l’expérience, donc du connu et il ne peut reconnaître ou expérimenter que ce qui lui est familier à quelque niveau que ce soit. C’est pourquoi il est impossible d’écrire sur ce qui n’a pas encore existé. Dans la chaîne des existences, le nouvel être n’est ni le même que l’ancien, ni différent puisque dans le substratum fondamental de chaque espèce, des caractéristiques passées, présentes et futures subsistent ; comme si chaque espèce voulait garder une copie d’elle-même comme moyen d’atteindre l’immortalité, de se perpétuer (le connu) et ce que nous appelons évolution est une série de mouvements des structures profondes de ce substratum fondamental qui engendre la transformation. Prenons l’exemple de l’eau : suivant les conditions climatiques certaines réactions physiques la transforment en vapeur, pluie, neige, glace et chaque transformation se traduit par l’émergence d’un niveau autre, plus élaboré, avec ses propres structures, les plus profondes. De même la nature a fait de nous des êtres qui ont le pouvoir de donner naissance à des êtres entièrement différents, uniques chaque fois, tout en possédant des caractéristiques de leurs génitrices et géniteurs et chaque génération dans sa globalité acquiert un niveau plus élaboré que celui de la précédente. C’est la spirale de l’évolution, cyclique et toujours unique. Le futur n’est pas que le prolongement du passé revisité, relooké, enrichi – hypothèse ennuyeuse où la source de nouveautés se trouverait soudain tarie -. Même si la découverte est presque toujours une re-découverte, même si CLOTHO, une des 3 Parques de la mythologie grecque file, tisse et coupe le fil de la vie immuablement, il y aura éternellement sur le parcours, l’imprévisible, l’inattendu que j’appelle « l’éclat de rire du Seigneur » un espace libre qui génère des particules libres de tout connu. Il est comme un geyser dormant qui s’éveille de temps à autre, chahute ou fait danser les choses et les êtres à son sommet. Pascal écrivait « L’imagination se lasse plus tôt de concevoir que la Nature de fournir » j’écrirai ici « …plutôt de concevoir que le Seigneur de fournir ». Le Renouveau c’est se laisser de l’espace pour que puisse émerger l’inattendu. C’est du vide que dépend le plein. Il faut un espace pour voir, entendre ; il faut de l’espace dans mon esprit trop encombré pour qu’il me soit possible de rencontrer et vivre le nouveau. Le Renouveau n’est pas tant la succession des choses que la qualité porté sur chaque chose. Et puisqu’e l’observateur est lui-même une partie intégrante de la chose qu’il regarde, changer sa façon de regarder avec la conviction qu’au plus profond de chacun a été déposé une source de lumière et d’énergie jamais tarie, toujours nouvelle. Retourner son regard vers l’intérieur, fouiller les retraites ténébreuses où elles se cachent et revenir à l’extérieur avec un regard plein d’étoiles. « L’observateur est aussi essentiel à la création de l’univers que l’univers l’est à la création de l’observateur » J.A WHEELER, physicien. Dans ce creuset de nouveautés que nous offre la vie, sortira l’un de nos avenirs possibles, uniques, inédits. Lequel ? il ne faut surtout pas tenter de le concevoir mais seulement se tenir prêt(e) à l’accueillir et parfois à l’affronter.
Par Misha BRET

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